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Le canal d'Ille-et-Rance

Voici un canal qui, par son architecture et son état de conservation, pourrait parfaitement rivaliser avec le canal du Midi, si on voulait s'en donner la peine, par exemple en le classant. Remercions nos édiles de l'avoir délaissé et méprisé pendant de nombreuses années, souvent à la limite de l'abandon, ce qui lui a permis de conserver son cachet d'origine, et de n'avoir pratiquement subi aucune altération, échappant même à la mise au gabarit Freycinet des années 1880 ou, pire, aux déclassements ou aux bétonnages outranciers qui caractérisent la seconde moitié du XXme siècle.

Malheureusement, si les politiciens sont toujours à la traîne, ils finissent généralement par se réveiller. Ainsi, après avoir tant dédaigné ce « fossé », alertés par l'engouement qu'il suscite auprès des usagers, majoritairement d'origine étrangère, ils perçoivent subitement la valeur de ce patrimoine, essentiellement sous l'angle du potentiel électoral qu'il représente. Tels des rapaces, ils se précipitent sur cette nouvelle proie et décident donc de le mettre au goût du jour au plus vite pour rattrapper le retard accumulé, sans chercher à connaître les critères qui pouvaient bien justifier son intérêt, ni les usages et réglements qui régissent les voies navigables et leurs usagers, sans considérer qu'une voie navigable, contrairement à une route, est aussi un cours d'eau, donc un milieu ultra sensible et particulièrement critique, sans la moindre étude sur son fonctionnement, ses particularités. L'objectif visé est d'attirer un maximum d'électeurs sur ses berges, même au prix de l'abandon de la navigation. Nous approuvons l'idée d'attirer les badauds sur les berges des voies navigables, à condition que :

  1. Un minimum de précautions soient prises pour sauvegarder la sécurité et la protection des personnes (initiées ou non), des animaux (silence, chiens en laisse), de l'environnement (eaux, plantations).

  2. L'interdiction d'accès des véhicules routiers à moteur y soit maintenue et sévèrement réprimée sauf, bien entendu, sur les quais, seuls et uniques liens d'une voie navigable avec l'extérieur sans lesquels, rendue inutilisable, elle peut être fermée.

  3. Le circulation des chevaux et autres équidés y soit maintenue et garantie, sur l'ensemble des chemins de halage, conçus pour eux, y compris pour les attelages (véhicules sans moteur).

  4. Les droits des usagers-navigateurs soient intégralement sauvegardés sur la totalité du domaine fluvial, sans aucune restriction, conformément à la loi, et en particulier sur les quais, conçus pour eux.

Or, ce canal subit de plein fouet les assauts anarchiques des différents politiciens locaux. Sous l'égide de la communauté de communes, dite de « Bretagne Romantique », des aménagements incohérents sont lancés SANS AUCUNE CONCERTATION avec quelque navigateur que ce soit, sans aucune étude technique, historique, écologique ou juridique que ce soit, uniquement sur des critères esthétiques, superficiels et subjectifs, en pleine méconnaissance des usages du milieu fluvial, pourtant si différents de ceux des sédentaires ou des automobilistes, exactement comme s'il s'agissait d'installer des parcs d'attraction ou d'aménager les rives d'un ruisseau de la dernière catégorie, et dans le plus pur esprit des équipements routiers qu'ils reproduisent fidèlement, sans tenir aucun compte du fait que les quais sont, pour les navigateurs, leurs lieux de vie et, en surtout, leurs seuls lieux de repos.

Et, dans le même temps, la région se vante de lancer une vaste concertation pour le tourisme. MENSONGE !


Illustration 1 – Spectacle matinal habituel

Donc, à défaut de s'être documenté sur le sujet, autant que d'avoir consulté les usagers, le résultat est tout autre, qui se résume à agglutiner les badauds sur les quais et, donc, à y concentrer le maximum de nuisances, au détriment des droits et des besoins des navigateurs. Par exemple, si la législation impose l'équipement de passerelles de 4m, celles-ci sont rendues inutilisables par nombre d'obstacles, parfois implantés à moins de 2m de la bordure du quai. Aussi, l'installation de bancs et de tables de piquenique, mis à la disposition des badauds 24/24, sans aucune limite, transforment les quais en « bistrots de nuit » d'autant plus fréquentés qu'ils ne sont pas astreints aux fermetures réglementaires (une aubaine pour les jeunes en cette période d'expansion alcoolique). Le chenal, tout proche, est tout indiqué pour servir de poubelle, d'autant plus que les micro-corbeilles parfaitement inadaptées finissent par déborder et offrir leur habituel spectacle matinal ; un régal pour les rats. Pour les plaisanciers, dormir à quai devient une loterie à risques.

Ainsi, chaque collectivité locale peut s'emparer d'une partie du domaine public fluvial et disposer de « son » quai comme elle l'entend, sans aucune justification de connaissance de la législation, sans aucune contrainte ni aucun contrôle ; elle peut y faire exactement le contraire de la voisine. Autant dire qu'à ce rythme, ce canal pourrait être déclassé et fermé beaucoup plus rapidement qu'on ne pourrait l'imaginer, complêtement isolé.

Dès avant 2008, nous avons tenté d'attirer l'attention des autorités sur ces inepties, en demandant des rectifications qui s'imposent et que, de toute façon, il faudra bien réaliser. Mais, face à l'hypocrisie de certaines réponses, ou à la suffisance qui caractérise la carence de justification des prétentieux qui refusent de reconnaître leur erreurs, nous sommes dans l'obligation de lancer des mises en demeure officielles qui, à défaut de suite favorable, feront l'objet d'autant de procédures devant les tribunaux administratifs compétents.

Parallèlement, nous avons déposé une demande d'aménagements à objectif essentiellement fluvial qui, non seulement reste sans suite, mais dont ils prennent systématiquement le contre-pied : ce que nous approuvons est démonté, ce que nous demandons est rejeté. On peut s'interroger sur l'objectif réel de ces concepteurs d'aménagements « anti-navigation » qui satisfont toutes les attentes et sollicitations des étrangers et s'évertuent à bafouer les droits essentiels des navigateurs dont ils sont sensés assurer la défense. Pourquoi ne déclassent-ils pas ce canal tout de suite ?

Paillassons de treillis au Pk40ATTENTION : Pendant qu'on gaspille les fonds publics dans des « gadgets » ineptes, le Pk40 du bief de partage part en lambaux : une multitude de paillassons de treillis, particulièrement résistants, normalement sensés maintenir les berges se détachent et flottent dans le chenal, au risque de provoquer des avaries sur les systèmes de propulsion et de gouverne. Avant de vous y aventurer, prenez connaissance du message que nous avons fait parvenir le 10/05/2009 à ICIRMON afin qu'ils prennent les dispositions de protection qui s'imposent, si possible avant que ne surviennent les avaries.

Rejoignez-nous vite en adhérant à notre association ou en y apportant vos témoignages.

Dernière modification : 07/08/2016, 11:02:22